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19 décembre 2010 Sunday Times 

 

La guerre des salaires est terminée: "les femmes ont gagné"

 

Cet article est paru en décembre 2010 dans le Sunday Times.
Catherine Hakim est une personnalité reconnue du monde académique.

 

Poppy Pickles, 29 ans, employée dans les salles de ventes Sotheby's avant de renoncer à sa carrière pour consacrer toute son attention à son fils et à sa fille explique : "il n'est pas étonnant que les femmes au gouvernement pensent que la carrière est importante mais la plupart des femmes que je connais accordent beaucoup plus d'importance à d'autres choses.

 

Poppy Pickles dit que, pour beaucoup de femmes, la carrière n'est pas la priorité.
La lutte pour l'égalité des sexes est dépassée et l'écart de rémunération est une question de choix de mode de vie des femmes, c'est une universitaire qui le dit.
Catherine Hakim, chargée de recherche en sociologie à la London School of Economics, affirme que les femmes ont à présent la liberté de choisir entre avoir des enfants et accéder à des postes de direction et que des lois plus sévères sur l'égalité n'ouvriront pas plus de portes aux travailleurs de sexe féminin.
Elle met en garde : beaucoup de femmes qui essayent de combiner l'éducation des enfants avec un rôle de cadre supérieur ont uniquement des ‘familles nominales' auxquelles elles consacrent très peu de temps.
Hakim affirmera, dans un rapport qui sera publié au début de l'année prochaine, que les nouvelles politiques des gouvernements tentant de promouvoir l'égalité sont "vaines" et basées sur les "mythes féministes" qui cherchent à perpétuer une guerre qui est terminée.
Hakim s'est fait connaître plus tôt dans l'année avec une étude intitulée ‘Erotic Capital' qui proclame que dans la société d'aujourd'hui, toujours plus soucieuse de l'image, les personnes qui réussissent le mieux sont celles qui sont les plus attirantes au niveau de leur apparence et de leurs manières.
Elle croit que les femmes font actuellement un choix actif entre ‘avoir une famille' et ‘accéder à des postes de direction'.
"En Grande Bretagne, la moitié de toutes les femmes ayant une position de cadre supérieur n'ont pas d'enfants et beaucoup d'entre elles ont une famille ‘nominale' avec un enfant unique et délèguent la tâche de s'en occuper à d'autres femmes" a-t-elle dit la semaine dernière.
Elle affirme encore dans son rapport: "les politiques d'égalité des chances sont parvenues à donner aux femmes un accès égal au marché du travail. »
"Les gens confondent l'égalité des chances et l'égalité des résultats et il existe peu de soutien populaire pour le type d'organisation sociale demandée par les féministes et les législateurs."
Le rapport d'Hakim intervient en réponse à Lord Davies, député travailliste et ancien président de la banque Standard Chartered bank, qui envisage de recommander que les conseils d'administration comprennent au moins 40% de femmes. Elle s'attaque également aux mouvements qui veulent augmenter les droits à la maternité et qui peuvent ainsi rendre le staff féminin moins attirant aux yeux des employeurs.
A l'heure actuelle, seuls cinq dirigeants des 100 sociétés FTSE sont des femmes et seuls 12,5 12.5% des cadres ou directeurs de ces firmes sont des femmes. Plus de la moitié des 250 plus grandes entreprises publiques britanniques n'ont pas de femmes à la direction.
Les revendications d'Hakim ont irrité certains experts et femmes d'affaire qui arguent que le gouvernement doit en faire davantage pour aller à l'encontre des mauvais chemins empruntés par les entreprises et qui empêchent les femmes de progresser
Cependant, Hakim fait valoir dans son rapport - intitulé ‘Mythes féministes et médecine Magique', qui sera publié par le ‘Center for Policy Studies' - que de tels mouvements vers des politiques d'égalité plus sévères sont bases sur "l'hypothèse fausse" que la majorité des femmes souhaite l'égalité d'accès aux postes de direction.
Dans son rapport, Hakim conteste l'affirmation suivant laquelle la législation égalitaire a échoué. Elle fait valoir que l'écart salarial s'est rétréci rapidement dans les années 1970 après qu'on ait mis en oeuvre l'Equal Pay Act et que, depuis lors, la révolution est au point mort parce que les femmes se sont installées dans les jobs qu'elles veulent vraiment.

 

Un autre "mythe" auquel elle s'attaque est l'idée que l'homme et la femme ont les mêmes ambitions de carrière et les mêmes valeurs et que la femme préfère être financièrement indépendante.
Elle n'est pas non plus d'accord avec l'idée que les politiques en faveur de la famille soient rentables pour les entreprises et essentielles pour briser le plafond de verre.
Hakim n'est pas non plus d'accord avec l'idée que la femme a un style de management différent, plus coopératif que celui des hommes. Elle affirme qu'il n'y a pas de raccourci possible et que le prix du succès au top est le même pour les deux sexes à savoir de longues heures de travail et un engagement total pour sa carrière.
Jessica DeLuca Moore, 35ans, une ancienne consultante d'IBM qui a fondé Cult Beauty, boutique de produits de beauté en ligne, affirme qu'elle est d'accord avec le fait que " tout ne peut pas être fixé par la législation" mais conteste les autres déclarations d' Hakim .
Encore sous le coup du jetlag d'un voyage d'affaire à York la semaine passée et interrogée alors que le coiffeur s'occupait de ses cheveux, DeLuca Moore déclare: "les femmes ont besoin de flexibilité mais vous ne parviendrez jamais à être cadre de directions dans un travail à temps partiel."
Poppy Pickles, 29 ans, employée dans les salles de ventes Sotheby's avant de renoncer à sa carrière pour consacrer toute son attention à son fils et à sa fille explique : "il n'est pas étonnant que les femmes au gouvernement pensent que la carrière est importante mais la plupart des femmes que je connais accordent beaucoup plus d'importance à d'autres choses."